Peindre des fleurs à l’aquarelle est un merveilleux exercice pour apprendre la transparence, la légèreté et la superposition des couleurs.
Aujourd’hui, je vous propose de découvrir la technique picturale du glacis appliquée à des pétales délicats, en utilisant les couleurs aquarelles Charvin, mon chouchou du moment à l’atelier.

Coffret métal rose poudré de la marque Charvin – Photo Amylee
Histoire de la Maison française Charvin
La maison Charvin a été fondée en 1830 dans le sud de la France à Cannes. À l’origine spécialisée dans la fabrication artisanale de couleurs pour artistes, la marque est reconnue pour :
- La richesse et l’intensité de ses pigments
- Une fabrication traditionnelle française
- Des teintes lumineuses inspirées de la Méditerranée
Il est d’ailleurs raconté que des peintres tels que Paul Cézanne, Claude Monet et Pierre-Auguste Renoir connaissaient la maison Charvin et venaient y chercher leurs couleurs. On fait partie du même club apparemment !
Même si la maison Charvin fabrique de la peinture à l’huile, de l’acrylique, de la gouache et d’autres médiums, je choisis ici de mettre l’accent sur leurs aquarelles dans cet article.
- Plus de détails sur le matériel Charvin .
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Peinture aquarelle Charvin – Photo Amylee
C’est quoi la peinture aquarelle Charvin ?
La collection d’aquarelles extra-fines de Charvin propose 62 nuances d’inspiration impressionniste. La palette alterne couleurs lumineuses, transparentes et plus couvrantes, pour capter avec délicatesse les moindres vibrations de la lumière.
Elles sont disponibles en demi-godets (à l’unité ou en coffrets de 12 à 48 couleurs demi-godets), présentés dans d’élégants coffrets métalliques, bois (merisier) ou carton.
Personnellement, j’ai craqué pour le coffret de voyage en métal, rose poudré, avec 12 demi-godets : pratique, raffiné, presque comme une jolie boîte à maquillage avec sa pochette satinée… mon côté féminin assume totalement ce petit plaisir esthétique !
Chaque demi-godet est coulé à la main puis séché à l’air libre, selon une méthode traditionnelle héritée des grandes fabriques françaises du XIXᵉ siècle. Ce travail artisanal garantit un soin particulier apporté à chaque couleur.
Les pigments, choisis pour leur pureté et leur intensité, offrent une belle brillance ainsi qu’une excellente tenue à la lumière. Associés à une gomme arabique de première qualité, ils donnent une texture soyeuse, une fusion harmonieuse avec l’eau et une réactivation facile, même après séchage.
LE RÉSULTAT
une transparence lumineuse idéale pour le travail en superpositions délicates. C’est précisément ce qui rend ces aquarelles adaptées à la technique du glacis.

Avec la méthode du glacis, chaque pétale sèche avant l’ajout du suivant. — Photo Amylee
Qu’est-ce qu’un glacis en peinture aquarelle ?
Un glacis est une couche de peinture très fine, transparente et diluée, appliquée sur une couche déjà sèche afin d’en modifier subtilement la couleur ou la profondeur.
On peut imaginer le glacis comme un filtre coloré que l’on superpose : la couche inférieure reste visible, mais elle est transformée par le voile de couleur ajouté par-dessus.
Ce filtre vient enrichir la lumière, réchauffer ou refroidir une zone, intensifier une ombre ou créer davantage de vibration, sans jamais masquer ce qui a été peint auparavant.
En aquarelle, le glacis agit comme une lame de lumière teintée : il colore sans alourdir, nuance sans opacifier, et permet de construire progressivement la richesse d’une peinture tout en conservant transparence et délicatesse.

Exercice de glacis avec variations de couleurs. – Photo Amylee

Exercice de pétales de fleurs en glacis monochrome – Photo Amylee
Il était une fois le glacis chez les artistes
La technique du glacis est très ancienne. Elle apparaît dès la Renaissance et connaît un développement spectaculaire chez les maîtres flamands, qui en font un véritable langage pictural.
À LA PEINTURE À L’HUILE, le glacis permet de créer des effets de profondeur, de carnation et de lumière impossibles à obtenir en une seule couche.
Les artistes travaillent d’abord une base opaque (souvent en grisaille), puis superposaient de fines couches translucides colorées.
On pense notamment à Jan van Eyck, maître incontesté de la transparence et des matières précieuses, ou encore à Johannes Vermeer, qui utilisait des glacis subtils pour donner cette lumière vibrante et presque nacrée à ses scènes d’intérieur.
Plus tard, Rembrandt s’en servira pour approfondir ses ombres et modeler ses célèbres clair-obscur.
BON A SAVOIR
Pour en savoir plus sur les recettes, techniques et secrets du glacis, consultez le livre Le Glacis à l’huile de Laurent Vauxion ou la peinture à l’huile facile d’Estelle Day
Contrairement à l’huile, L’AQUARELLE est, par essence transparente : le blanc du papier joue le rôle de source lumineuse.
Le glacis devient alors un procédé presque instinctif : on superpose des couches fines pour enrichir la couleur sans jamais perdre la lumière.
Des artistes comme William Turner ont magistralement utilisé la superposition de voiles colorés pour créer des atmosphères vibrantes et lumineuses.
Plus tard, Winslow Homer exploitera également les glacis pour traduire la transparence de l’eau et les effets marins.
BON A SAVOIR
La librairie en ligne du Géant des Beaux-Arts propose des ouvrages récents sur l’aquarelle pour approfondir le sujet. Si vos livres préférés ne figurent pas dans cette sélection, n’hésitez pas à ajouter leurs références en commentaire !

Entrainement au glacis sur fleurs – Photo Amylee
Pourquoi le glacis est si naturel en aquarelle ?
Parce que l’aquarelle fonctionne par couches légères et donc que chaque passage modifie subtilement la teinte précédente :
- Un glacis bleu sur un jaune sec crée un vert lumineux
- Un voile rosé sur un gris réchauffe immédiatement une ombre
Une superposition progressive intensifie la couleur du dessous sans jamais l’alourdir.
En aquarelle, le glacis n’est pas seulement une technique historique : c’est une manière de penser la peinture en transparence, en lumière et en respiration.

Aquarelle Charvin sur papier 300 grs – Photo Amylee
Pourquoi utiliser le glacis en peinture aquarelle ?
- Créer de la profondeur
- Enrichir une couleur sans alourdir
- Apporter des nuances délicates
- Donner de la luminosité colorée
Exemples concrets :
- Ajouter une seconde couche rosée sur un pétale sec pour accentuer son volume
- Poser un voile bleu très léger dans une ombre pour la refroidir
- Assombrir le cœur d’une fleur avec plusieurs couches successives

Coffret aquarelle Charvin, pinceau aquarelle, crayon graphite, et papier aquarelle – Photo Amylee
Matériel pour peindre des fleurs au glacis aquarelle
Pour cette démonstration, vous aurez besoin de :
- Aquarelles Charvin en demi godets – Vous pouvez retrouver les peintures Charvin chez Le Géant des Beaux-Arts, dans leurs magasins en France ainsi que sur leur boutique en ligne, accessible 24h/24 et 7j/7.
- Papier aquarelle 300 g/m² Le papier 300 g est important : un papier plus fin gondole facilement, surtout lorsqu’on superpose plusieurs couches d’eau.
- Un contenant avec de l’eau
- Un chiffon ou papier absorbant
- Un crayon graphite (si besoin d’esquisser légèrement la fleur)
Démonstration : Peindre les pétales au glacis
Ici, nous allons travailler pétale par pétale, en recherchant la légèreté et la transparence.

Les couleurs aquarelles Charvin sont sublimes – Photo Amylee
Étape 1 : Première couche très légère
- Diluez votre couleur.
- Peignez le pétale en un seul geste fluide.
- La couche doit être ultra fine et transparente.
- Laissez sécher complètement.
Le plus difficile au début est d’avoir le coup de main pour faire le pétale en un seul passage, sans repasser 10 fois.
Étape 2 : Superposition des glacis aquarelle
- Respectez toujours le séchage complet entre chaque couche.
- Une fois sec, ajoutez une nouvelle couche légèrement plus soutenue ou d’une autre couleur.
- Travaillez les ombres en bordure ou à la base du pétale si besoin.
Chaque glacis vient enrichir le précédent sans masquer la transparence.
ASTUCE A RETENIR
Chut, cela ne plaira peut-être pas aux puristes de l’aquarelle. Si, au moment d’appliquer une seconde couche pour réaliser vos glacis, vous remarquez que l’aquarelle déjà sèche se réactive au contact du pinceau humide, vous pouvez utiliser une petite ruse. Une fois la première couche bien sèche, pulvérisez légèrement un peu de fixatif sur la zone peinte où vous souhaitez appliquer le glacis.
N’hésitez pas à protéger les autres parties de votre travail qui ne doivent pas recevoir de fixatif. Pour cela, placez simplement des morceaux de papier brouillon sur les zones à préserver afin qu’elles restent intactes.
Je sais que le fixatif peut parfois changer un peu les couleurs, mais je vous partage l’astuce : libre à vous de la prendre… ou pas.
Étape 3 : Finalisation progressive
- Revenez petit à petit sur la fleur pour accentuer certaines zones et ajouter de la profondeur au cœur tout en équilibrant les contrastes
- C’est un travail de patience. La fleur se construit couche après couche, comme une respiration.

Du matériel léger pour créer à l’aquarelle – Photo Amylee
Les astuces pour ne pas rater vos glacis à l’aquarelle
VOICI LES POINTS À RETENIR :
✔ Toujours attendre le séchage complet. Si la couche n’est pas sèche, vous soulevez la peinture au lieu de la superposer.
✔ Travailler avec peu de pigment. Un glacis doit rester transparent. Trop de matière = effet opaque et lourd.
✔ Utiliser un pinceau souple. Il doit glisser sans griffer le papier.
✔ Ne pas insister. Si vous repassez trop, vous abîmez la surface du papier et créez des auréoles.
✔ Tester avant. Faites des essais sur une chute de papier pour doser eau/pigment.
✔ Observer la lumière. Les pétales sont plus clairs vers les zones lumineuses et plus sombres vers le cœur.

Aquarelle en coffret métal de la Maison Charvin – Photo Amylee
Pourquoi cette technique picturale est idéale pour créer des fleurs?
Les pétales des fleurs sont naturellement translucides et donc le glacis permet de :
- Reproduire la finesse des pétales
- Créer des effets vibrants
- Obtenir une grande délicatesse
- Garder une peinture lumineuse et aérienne
- Maitriser l’eau et le pigment
- Progresser en compréhension des valeurs
Au début, faire des glacis peut sembler technique, mais avec de la pratique, la gestuelle devient naturelle.
Alors, dites-moi : êtes-vous plutôt de la team patience, prête à attendre que chaque couche sèche complètement pour construire de beaux glacis lumineux et délicats, ou plutôt de la team fonceur, qui aime laisser les couleurs se mêler et créer des effets de fusion et d’auréoles spontanés ?
Partagez votre préférence en commentaire, j’ai hâte de découvrir vos petites anecdotes ou habitudes quand vous jouez avec vos aquarelles !





