C’est quoi la risographie ?
Riso quésaco ? Le nom ne vous parle peut-être pas mais je suis certaine que vous avez vu passer des exemples sans savoir que c’était de l’impression riso.
La risographie est une technique d’impression proche de la sérigraphie et de la photocopie artistique. Elle est réalisée à l’aide d’une machine appelée duplicopieur RISO (RISO), qui imprime les couleurs les unes après les autres, couche par couche.
Ce qui la rend unique, c’est son approche très particulière de la couleur et du rendu.
Pour approfondir le sujet, vous pouvez consulter les sites web d’ateliers spécialisés en risographie comme Risonnable, Creativos Online ou encore Maison Riso. On y trouve de nombreuses explications sur la technique, les palettes de couleurs et les spécificités de ce procédé d’impression.
- Avec quelques articles regroupés sur ces liens : Beaux-Arts magazine et la Maison des Impressions

Un super atelier de risographie à Murat : Trrctor
Une palette couleur limitée mais expressive
Contrairement à l’impression classique en quadrichromie, la risographie repose sur une palette de couleurs restreinte et prédéfinie.
En général, un projet riso utilise :
- 2 à 4 couleurs maximum
- parfois une seule couleur + noir
Cette contrainte devient une véritable force créative, car elle oblige à simplifier, composer et hiérarchiser les éléments visuels.
Une esthétique reconnaissable
La risographie possède une identité visuelle très forte :
- des couleurs vives mais légèrement imparfaites
- des superpositions parfois décalées
- des effets de transparence et de texture imprévisibles
- un rendu global très graphique, pop, brut ou rétro
C’est une esthétique qui accepte l’erreur et l’accident, et qui transforme ces “imperfections” en langage visuel.
Mon interprétation dans ce tutoriel
Dans ce projet, je m’inspire de cet univers sans utiliser la technique réelle de la risographie. N’ayant pas accès à la machine ni aux encres spécifiques, je travaille une interprétation artistique de ses codes :
- la limitation volontaire des couleurs
- les contrastes forts
- les aplats simples et lisibles
- l’effet de superposition graphique
Pour cela, j’utilise les marqueurs Liquitex, dont l’intensité et la fluidité permettent de jouer avec des aplats nets et expressifs, ainsi que le carnet cousu de voyage Aquapad, idéal pour capter une approche spontanée et vivante du dessin.

Carnet Clairefontaine Aquapad et marqueurs acrylique Liquitex
Le matériel utilisé du tutoriel
Les marqueurs Liquitex Acrylic Professional (à base d’eau) de la marque Liquitex font partie des outils que j’utilise rassez souvent dans mes explorations graphiques, surtout je cherche un rendu à la fois propre, intense et proche de l’acrylique peinte, mais avec la spontanéité du geste du dessin.
Ce que j’apprécie avec ces marqueurs, c’est la richesse des pigments. Les couleurs sont franches, denses, et gardent une vraie intensité une fois sèches. On obtient des aplats très nets, presque “imprimés”, ce qui m’intéresse particulièrement quand je travaille des compositions inspirées de la risographie ou des logiques graphiques très contrastées.

Marqueurs peinture acrylique Liquitex (Gros plan) – Photo Amylee

Illustration inspiration Riso réalisée sur papier Aquapad avec marqueurs Liquitex – Amylee
LES QUALITES. En résumé les marqueurs Liquitex ont :
- des pigments très intenses et couvrants : les couleurs sont vives, profondes et restent stables après séchage. Ces marqueurs couvrent bien dès le premier passage.
- un rendu homogène et propre : le marqueur permet des aplats nets, sans traces de pinceau. Ils peuvent être combinés avec crayon, encre, collage ou peinture sans trop de conflits de matière une fois secs.
- une finition mate ou satinée selon les couleurs, proche de la peinture acrylique traditionnelle.
- une superposition efficace : possibilité de travailler en couches sans perte immédiate de lisibilité.
- une polyvalence d’utilisation : fonctionne sur papier, carton, bois, toile et supports mixtes.
Dans ma pratique, ils me servent souvent à construire des bases de couleurs simples, à poser des formes, des silhouettes ou des éléments de paysage. J’aime leur côté direct : on ne passe pas par un pinceau, il n’y a pas de dilution ou de préparation complexe, on est tout de suite dans le geste et dans la couleur.
J’apprécie aussi leur capacité à se superposer. On peut travailler en couches, revenir sur certaines zones, créer des contrastes assez forts. Ça me permet d’explorer des compositions proches de l’esprit riso, avec des aplats limités mais très structurés.
En revanche, ce sont des outils qui demandent un peu d’anticipation. Il faut accepter de travailler par étapes plutôt que dans l’instantanéité du fondu. Et parfois, la pointe peut s’user ou se charger de manière irrégulière si on ne l’entretient pas correctement. Ce sont des marqueurs que j’utilise quand je veux une écriture visuelle forte, graphique et assumée, avec des couleurs qui posent vite une ambiance. Ils ne laissent pas beaucoup de place à l’hésitation, mais c’est justement ce qui les rend intéressants dans une démarche de recherche et de composition.
BON A SAVOIR : Expérience d’artiste
Lorsque j’utilise les marqueurs, je travaille du plus clair au plus foncé. Cette méthode me permet de préserver la luminosité des couleurs, de mieux construire les contrastes et de conserver une bonne lisibilité du sujet.
Les teintes claires servent de base et peuvent être enrichies progressivement par des couleurs plus soutenues, sans risquer de les ternir. Cette approche facilite tellement les superpositions et aide vraiment à mieux contrôler l’équilibre général de la composition, notamment lorsque l’on travaille avec une palette de couleurs limitée inspirée de la risographie.
- Prix élevé par rapport à d’autres marqueurs acryliques.
- Séchage rapide : peut compliquer les mélanges en direct. Une fois sèche, l’acrylique devient permanente, avec peu de possibilités d’effacement ou de retouche légère.
- Fragilité de la pointe : une usure possible selon l’intensité d’utilisation, qui nécessite un entretien régulier afin d’éviter le bouchage. Il est recommandé de les stocker à plat pour garantir un flux d’encre homogène.
- Flacon intégré non rechargeable facilement, ce qui limite parfois la durabilité à long terme.
Le carnet Aquapad Clairefontaine
Carnet de voyage Aquapad Clairefontaine : Dès la première prise en main, on sent un objet pensé pour être utilisé sur le terrain : une couverture rigide, une sensation de solidité, et surtout cette capacité à s’ouvrir complètement à plat, ce qui change tout quand on travaille en double-page. On n’a pas cette contrainte du carnet qui se referme ou crée une cassure au milieu du dessin… ici, la surface reste lisible et continue.
Le papier aquarelle 300 g/m² (140 lb) est clairement un point fort.
Il encaisse très bien l’eau, les superpositions, les lavis, et même les techniques mixtes. Dans ma pratique, où j’aime mélanger marqueurs et recherches graphiques et picturales, il tient bien le choc sans trop gondoler. Le grain fin et léger permet aussi de garder un trait précis : c’est un papier qui ne “mange” pas le dessin, ce qui est important quand on travaille des personnages ou des scènes détaillées.
C’est un carnet qui m’accompagne bien dans une démarche d’exploration : pour des scènes inspirées de paysages ou d’ambiances comme celles du Cantal. Il permet de passer rapidement de l’idée à l’image sans se poser trop de contraintes techniques.

Carnet Aquapad de la marque Clairefontaine – Photo Amylee
LES QUALITES. En résumé, ce carnet regroupe :
- Un papier aquarelle 300 g/m² (140 lb) : une épaisseur professionnelle qui supporte très bien l’eau, les lavis et les techniques mixtes.
- un grain fin et léger : idéal pour les détails, les traits précis et les rendus illustratifs sans texture trop marquée.
- Très bon compromis dessin / technique humide : il accepte aussi bien le marqueur que l’aquarelle légère ou les encres.
- Très bonne résistance à l’eau : le papier gondole peu, même avec des applications généreuses.
- Un carnet rigide avec couverture type cuir : solide et protecteur, avec un toucher soft touch
- Une ouverture à plat : permet de travailler sur des double-pages sans gêne, offrant un confort optimal pour les compositions panoramiques.
- et une bonne tenue dans le temps : les pages restent stables, ce qui en fait un support fiable pour archiver des travaux finis ou des recherches.
BON A SAVOIR : Expérience d’artiste
De mon expérience, j’ai identifié quelques habitudes simples mais très pratiques à garder en tête lorsque j’utilise ce type de carnet. Je commence toujours par une page test, que ce soit en début de carnet ou au lancement d’une série, car j’aborde de plus en plus le carnet non pas comme une succession d’œuvres isolées, mais comme un espace narratif continu. Cette approche permet de construire une véritable cohérence visuelle, où chaque page dialogue avec la suivante. Mes pages test en début de chaque ésrie me servent à observer comment les couleurs et les techniques réagissent entre elles sur le papier, ce qui m’aide à éviter les mauvaises surprises et à mieux anticiper le rendu final.
J’essaie dans la majorité des cas de travailler en alternance entre techniques sèches et humides à l’intérieur du carnet, afin de ne pas saturer le papier trop rapidement.
Enfin, je laisse sécher complètement les pages avant de refermer le carnet, surtout lorsque j’utilise des encres ou des marqueurs chargés, afin d’éviter tout transfert dcouleurs entre les feuilles.
Malgré ses qualités, certains points peuvent être améliorés :
- Prix relativement élevé comparé aux carnets standards.
- Grain fin qui peut limiter certaines textures expressives (moins adapté si l’on recherche un rendu granuleux ou texturé).
- Absorption rapide : peut demander une certaine maîtrise des lavis pour éviter les marques trop nettes ou les reprises difficiles.
- Carnet non détachable : les pages ne sont pas amovibles, ce qui peut être contraignant pour encadrer ou scanner certaines œuvres.
Au final, c’est un support que je trouve très équilibré : assez technique pour des travaux aboutis, mais suffisamment souple pour laisser place à l’expérimentation. Un carnet qui accompagne bien une pratique entre observation, recherche et narration visuelle.
Du matériel à retrouver chez Le Géant des Beaux-Arts, magasins en France et boutique en ligne.

Vache salers (Cantal) – Liquitex avec pastel gras sur papier carnet Aquapad (Amylee)

Double pages, illustration autour de la cerise sur carnet Aquapad – Amylee
Mon exploration graphique inspirée du Cantal
Dans cette série, j’ai exploré des scènes inspirées du Cantal : paysages vallonnés, reliefs volcaniques, villages et personnages intégrés dans leur environnement.
Les illustrations jouent sur :
- des silhouettes simplifiées
- des contrastes de couleurs limités
- des compositions inspirées de l’esthétique riso
- une narration visuelle entre observation et interprétation
Les personnages apparaissent comme des éléments graphiques intégrés au paysage, presque comme des formes colorées en interaction avec l’environnement.

Illustration inspiration riso sur carnet Aquapad Clairefontaine – Amylee

Marqueurs Liquitex sur carnet aquarelle Aquapad – Amylee
Entre contrainte et liberté
Ce travail montre comment une contrainte — ici la limitation des couleurs inspirée de la risographie — peut devenir un moteur de création.
En réduisant volontairement la palette, on gagne en :
- cohérence visuelle
- force graphique
- lisibilité de l’image
- intention artistique plus claire
Même sans machine ni impression en risographie, il est tout à fait possible d’en retrouver l’esprit : une écriture visuelle simple, audacieuse et expressive, où les couleurs, les contrastes et les superpositions deviennent de véritables outils de narration.
J’espère que cet article donnera envie d’expérimenter à votre tour et d’explorer cette esthétique graphique à travers vos propres créations.
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