Il existe des techniques picturales qui invitent immédiatement à ralentir, à observer la couleur respirer sur le papier. L’aquarelle en fait partie.
Et parmi les gammes qui accompagnent ce geste avec finesse, les aquarelles Maimeri Blu occupent une place à part. J’apprécie les peintures acryliques Maimeri, cette marque aux accents italiens, me plait tellement…
Aujourd’hui, j’ai envie de vous partager une idée simple, presque méditative : peindre des tuiles (tiles en anglais) inspirés des azulejos, ces carreaux décoratifs chargés d’histoire.
Maimeri Blu : l’aquarelle pour artiste
Pour la petite histoire, la maison italienne Maimeri a été fondée en 1923 à Milan par Gianni Maimeri et son frère. Très tôt, l’entreprise se distingue par une approche exigeante des pigments et de la qualité des liants, avec une véritable volonté de replacer la couleur et la matière au cœur du geste artistique.
Avec la gamme Maimeri Blu extra-fine, l’objectif est clair : proposer une aquarelle pure, riche en pigments, sans excès d’additifs, afin de préserver au maximum la vibration naturelle de la couleur.
Cela se traduit par :
- des couleurs très lumineuses, avec une vraie intensité même en fines couches,
- un liant à base de gomme arabique naturelle, qui participe à la fluidité et à la qualité du geste,
- une excellente transparence, idéale pour les lavis, les glacis, les effets de profondeur, et les superpositions,
- une sensation de peinture “clean”, propre, qui fidèle au pigment d’origine, avec des mélanges nets, peu ternes, et une absence de “boue” colorée dans les superpositions,
- une granulation naturelle selon les pigments utilisés, offrant des effets de texture subtils et vivants,
- une grande intensité même en dilution, où la couleur conserve sa présence et sa profondeur.
- qu’un positionnement tarifaire assumé, souvent perçu comme cohérent pour une aquarelle destinée à des pratiquants exigeants ou professionnels.
Cette aquarelle est proposée dans de beaux coffrets en métal avec des godets soigneusement agencés, pensés à la fois pour le travail en atelier et pour les déplacements. Ce soin apporté à la présentation renforce l’impression d’un outil à la fois technique et précieux, presque comme une palette prête à accompagner un travail d’atelier nomade.
Au-delà de ses qualités techniques, Maimeri Blu séduit aussi par sa simplicité d’usage : une peinture directe, fluide, qui laisse une grande place à l’eau, au geste et à l’imprévu. .

Peinture aquarelle MaimeriBlu – Photo Amylee
Une aquarelle techniquement fiable
Quand il m’arrive d’échanger avec des artistes, des aquarellistes dans le cadre de mes coachings, formations ou ateliers de groupe, les retours convergent assez souvent vers un même constat : Maimeri Blu se positionne clairement comme une aquarelle haut de gamme, pensée pour un usage exigeant. Certains utilisateurs évoquent aussi une évolution positive de la gamme au fil des années, avec une impression de cohérence renforcée et une approche de plus en plus “artistique” dans le choix des pigments et des nuances.
En revanche, selon ma perception personnelle, je trouve parfois que la vivacité des couleurs peut être inégale (attention c’est assez subtile). Certaines teintes (ex:Bleu cobalt = sont très puissantes et expressives, tandis que d’autres le bleu outremer semblent un peu plus discrètes ou moins homogènes en intensité. Cela n’enlève rien à la qualité globale, mais invite à bien connaître sa palette et à tester chaque couleur dans ses usages spécifiques.
ASTUCE D’ATELIER
Pour ressentir pleinement la richesse des pigments, teste toujours ta couleur sur une petite bande de papier avant de peindre. Tu verras immédiatement si elle est transparente, granuleuse ou très saturée.

Inspirations azulejos, aquarelle maimeriblu sur papier – Photo Amylee
L’inspiration des tuiles : des azulejos aux mosaïques contemporaines
Mon coup de cœur dans cette démonstration va aux tuiles décoratives. Ces petits formats carrés évoquent immédiatement les azulejos portugais, ces carreaux de faïence peints et émaillés qui ornent les façades, les églises et les intérieurs depuis plusieurs siècles. Au fil du temps, les tuiles sont devenues un véritable langage décoratif urbain, notamment dans les villes comme Lisbonne, où elles recouvrent encore aujourd’hui de nombreuses façades.
Les azulejos apparaissent au Portugal au début du XVIe siècle, influencés par les traditions décoratives islamiques et hispano-mauresques.
On en retrouve également des traces bien plus anciennes dans les mosaïques de l’Antiquité, notamment romaine et byzantine, où les fragments colorés formaient déjà des images et des compositions structurées.
ASTUCE D’ATELIER
Avant de peindre, observe des motifs d’azulejos ou de mosaïques. Choisis un détail simple (ligne, fleur stylisée, géométrie) et décline-le en plusieurs variations sur tes tuiles.
Des artistes inspirants
Voici quelques artistes contemporains et historiques qui ont utilisé les carreaux (tuiles, azulejos, mosaïques céramiques) dans leurs œuvres, avec des sources fiables pour approfondir
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Jorge Colaço | Maître des azulejos narratifs
Artiste portugais incontournable du début du XXe siècle, il a transformé les façades et gares portugaises en véritables fresques en carreaux de céramique. Son œuvre la plus célèbre : les panneaux monumentaux de la gare de São Bento à Porto, composés de milliers d’azulejos racontant l’histoire du Portugal. Son travail est emblématique de l’idée du carreau comme “peinture architecturale”.
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Maria Keil | Modernisation de l’art du carreau
Maria Keil est considérée comme une figure majeure de la modernisation des azulejos au XXe siècle. Elle a notamment créé les panneaux abstraits du métro de Lisbonne entre 1957 et 1972, relançant l’usage contemporain du carreau dans l’espace public. Maria introduit une approche plus graphique et minimaliste, proche du design.
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Joana Vasconcelos | Relecture contemporaine du carreau
Artiste portugaise contemporaine connue pour ses installations monumentales, Joana réinterprète les azulejos traditionnels dans des œuvres modernes comme Azulejos 1, 2, 3, où elle joue avec motifs, abstraction et composition en grille. Elle transforme le carreau en langage artistique contemporain, entre héritage et pop culture.
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Add Fuel (Diogo Machado) | Street art et azulejos
Artiste portugais issu du design graphique et du street art, il revisite les motifs traditionnels des azulejos en les combinant à des compositions modernes et urbaines, notamment sur de grandes fresques murales. Son travail mélange patrimoine, stencil et culture urbaine.
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Antoni Gaudí | Mosaïque et trencadís
Architecte catalan mondialement connu, il a utilisé une technique de mosaïque appelée trencadís, composée de fragments de céramique et de carreaux cassés intégrés dans ses architectures (comme au parc Güell à Barcelone). Ici, la tuile devient matière sculpturale et architecturale.
Ce qui est fascinant dans tous ces artistes, c’est que la tuile devient soit :
- surface narrative (Colaço),
- soit graphisme mural (Keil),
- réinvention contemporaine (Vasconcelos, Add Fuel),
- ou matière architecturale vivante (Gaudí).
Autrement dit : la tuile n’est pas seulement décorative, elle est un support artistique à part entière, entre peinture, design et architecture.

Matériel peinture aquarelle Maimeri Blu et Papier aquarelle – Photo Amylee

Matériel à regrouper pour peindre – Photo Amylee
Matériel pour créer des tuiles à l’aquarelle
Pour expérimenter la tuile, rien de compliqué, mais quelques outils bien choisis :
- Papier aquarelle épais (feuille, bloc ou carnet les formats carrés sont top) au moins 200 grs
- OPTIONNEL : Washi tape ou masking tape (plus doux et pratique dans cette démo que le drawing gum pour délimiter les espaces)
- Un ou plusieurs pinceaux aquarelle
- verre d’eau et essuie-tout
- coffret métal aquarelle Maimeri Blu (en demi-godets ou en tubes)
- Un feutre liner noir, doré ou coloré (optionnel)
Du matériel artistique à retrouver chez le Géant Des Beaux-Arts, magasins en France et boutique en ligne 24/24.

Peindre chaque “tuile” comme une petite œuvre autonome. – Photo Amylee

Le bleu et le jaune s’associent superbement. Photo Amylee
Une idée simple de composition : la mosaïque libre
L’exercice consiste à transformer la feuille en une grille de petites unités visuelles :
- (Etape optionnelle) Délimiter la feuille avec des bandes de washi tape pour créer des carrés ou rectangles.
- Peindre chaque “tuile” comme une petite œuvre autonome.
- Varier les approches :
- multicolore ou monochrome,
- dégradés ou aplats,
- textures libres ou motifs répétitifs.
Le bleu est souvent associé aux azulejos, mais il n’est en rien obligatoire. Le sépia, le noir, les verts profonds ou même des gammes très colorées fonctionnent tout aussi bien.
ASTUCE D’ATELIER
impose-toi parfois une contrainte simple (une seule couleur, ou trois valeurs différentes). La contrainte stimule souvent plus la créativité que la liberté totale.
Jouer avec les bordures : structure ou liberté
L’ajout d’un liner peut transformer complètement le rendu. Un contour foncé (dans ma démo, j’ai pris du feutre bleu outremer) donne une impression graphique très structurée, presque vitrée. Un contour doré apporte une dimension décorative plus précieuse. Mais l’absence de cerne, elle, laisse respirer la couleur et crée une impression plus organique.

L’ajout de bleu entre les tuiles peut transformer complètement le rendu – Photo Amylee
ASTUCE D’ATELIER
Fais une même série de tuiles en trois versions : avec contour noir, avec contour doré, et sans contour. Compare ensuite les sensations visuelles… tu verras que chaque choix raconte une histoire différente.
Une peinture presque méditative
Peindre des tuiles à l’aquarelle, c’est accepter de fragmenter le regard et de changer sa manière de composer une image. On ne cherche plus un point focal unique ni une scène centrale, mais plutôt une constellation de petits espaces qui dialoguent entre eux, chacun avec sa propre autonomie et sa propre énergie.
Dans cette approche, chaque case devient un fragment d’expression, une micro-histoire visuelle qui prend sens dans l’ensemble. C’est une manière de penser la composition de façon plus libre, plus rythmée, presque comme une écriture visuelle en mosaïque.

Chaque tuile devient un terrain d’expérimentation où l’eau et le pigment dialoguent librement. – Photo Amylee
Un peu comme dans la technique du Scrap a Day, on retrouve cette même logique : celle de l’accumulation, du fragment, et du quotidien transformé en langage visuel. Chaque élément, pris isolément, peut sembler simple, mais c’est leur juxtaposition et leur répétition qui créent une narration globale.
Dans la tuile à l’aquarelle, c’est aussi une manière de revenir à une création plus intuitive : une couleur, un geste, une case. L’ensemble finit par composer une unité, sans jamais imposer un contrôle total.
Avec une aquarelle aussi sensible que Maimeri Blu, chaque tuile devient un terrain d’expérimentation où l’eau et le pigment dialoguent librement.
Finalement, chaque tuile devient une pensée visuelle, une émotion, une variation. Et l’ensemble forme une mosaïque personnelle, vivante, en mouvement.
Créer c’est peut-être cela : accepter que l’harmonie naît parfois de la diversité des fragments.





