Lors de salons, d’ateliers ou dans les messages que je reçois, une question revient souvent :
« Amylee, quel coffret Gansai choisir pour commencer ? »
Kuretake ou Kissho, au cœur de la tradition japonaise
- D’un côté, nous retrouvons les Gansai Tambi de Kuretake, une marque japonaise très populaire auprès des aquarellistes.
- De l’autre, les peintures Gansai produites par la société japonaise Kissho. Fondée à Kyoto en 1970, Kissho est une entreprise japonaise spécialisée dans les matériaux destinés à la peinture traditionnelle japonaise (Nihonga).
Les grands godets, les teintes lumineuses et les couleurs métalliques rappellent davantage les matériaux utilisés dans l’art japonais traditionnel que les demi-godets d’aquarelle occidentaux. C’est d’ailleurs ce qui séduit beaucoup d’artistes amateurs de culture japonaise.
Du matériel à retrouver chez Le Géant Des Beaux-Arts : magasins en France et boutique en ligne.
Pourquoi la peinture Gansai ?
Celles et ceux qui me suivent depuis plusieurs années le savent déjà : j’entretiens une véritable fascination pour la culture japonaise. Sans parler d’expertise, j’aime cet art de vivre où la simplicité, la patience et le respect de la matière dans la création.
Cette sensibilité se retrouve dans ma pratique artistique. Les haïkus comme ceux qu’écrit ma mère, les estampes japonaises, le sumi-e, les carnets de voyage illustrés, les jardins zen, les céramiques artisanales ou encore l’attention portée aux gestes du quotidien sont autant de sources d’inspiration qui nourrissent mon art.
Alors lorsque j’ai découvert les peintures Gansai, j’ai vite été séduite. Leur texture, leur luminosité et leur manière unique de dialoguer avec l’eau offrent une expérience différente de l’aquarelle occidentale.
Chaque couleur semble raconter une histoire, avec cette générosité et cette poésie que j’associe souvent à l’art japonais.
De plus, je dois aussi vous avouer que j’ai un petit faible pour le design des coffrets. Certains sont habillés de magnifiques motifs inspirés des tissus japonais traditionnels, d’autres jouent la carte de l’élégance minimaliste avec des finitions unies. Ces coffrets ont un vrai pouvoir de séduction. Ils donnent envie de peindre avant même d’avoir ouvert le couvercle. C’est ce de genre de détail que j’apprécie dans l’artisanat et le design japonais : la recherche du beau jusque dans l’emballage.
L’esprit de la peinture Gansai
Avant tout, il faut comprendre qu’une peinture Gansai n’est pas exactement une aquarelle européenne.
Entre l’aquarelle et la gouache, la peinture japonaise Gansai est plus riche en pigments et en liants. Elle produit des couleurs denses, profondes, lumineuses, capables de couvrir davantage le papier tout en conservant une certaine transparence selon la dilution.
La peinture gansai est très appréciée dans :
- les carnets de voyage,
- l’illustration,
- le manga,
- le sumi-e contemporain,
- les compositions florales, les oiseaux, illustration botanique,
- les personnages, mangas, fantasy, illustration jeunesse,
- les carnets créatifs, les motifs décoratifs,
-
art japonais traditionnel.

Peinture Gansai Kissho. Palette avec grands godets – Photo Amylee
1. Gansai chez Kissho : la version « premium »
Lorsque l’on ouvre un coffret Kissho, la première impression est souvent la même :
- les couleurs semblent plus raffinées et soyeuses, une sensation de peinture « haut de gamme » dès les premiers essais,
- Les pigments sont très concentrés et offrent des nuances élégantes.
Ce que j’apprécie :
- Couleurs riches et profondes à mi-chemin entre l’aquarelle et la gouache,
- Superbe intensité même après séchage,
- Texture crémeuse avec sensation presque « beurre fondu »,
- Très belle réactivation à l’eau et chargement du pinceau rapide,
- La disponibilité des couleurs à l’unité et donc la possibilité de construire sa palette idéale au fil du temps
- Excellentes superpositions après séchage mais davantage de risque d’opacité si l’on charge trop son mélange,
- Avec un papier cellulose (ex. Canson XL), les Gansai de Kissho paraissent parfois denses et plus couvrantes,
- Avec un papier 100 % coton (Arches, Hahnemühle, Saunders), les Kissho révèlent davantage leur richesse pigmentaire.

Peinture Gansai Kissho – Photo Amylee
Gansai Kissho : Les points faibles remarqués à l’utilisation
- Plus opaques qu’une aquarelle occidentale traditionnelle,
- Certaines couleurs se réactivent moins vite dans les godets (allez savoir pourquoi ?),
- Prix un peu plus élevé,
- Recharges plus difficiles à trouver en France.

Peinture Gansai Kissho – Photo Amylee
Pour qui ?
Je recommande la marque Kissho :
- aux artistes déjà familiers avec l’aquarelle,
- aux illustrateurs ou aux passionnés de couleurs sophistiquées,
- à ceux qui aiment travailler lentement et explorer les subtilités.
2. Gansai Tambi chez Kuretake : la valeur sûre des débutants

Peinture Gansai Tambi de Kuretake – Palette et Pinceaux Kum (Photo Amylee)
Ce que j’apprécie :
- Bon rapport qualité-prix,
- Couleurs vives et brillantes,
- Super agréables à utiliser,
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Les références pigments sur les godets,
- Mise en couleur rapide, couleurs plus transparentes, plus proches d’une aquarelle européenne traditionnelle,
- La disponibilité des couleurs à l’unité et donc la possibilité de construire sa palette idéale au fil du temps
- Avec un papier cellulose (ex. Canson XL), les Kuretake Gansai conservent une bonne luminosité et diffusent facilement.
-
La famille Gansai Tambi comprend aujourd’hui plus de 100 couleurs et plusieurs collections spécialisées : métalliques, nacrées, graphites, couleurs inspirées du sumi, éditions Art Nouveau, etc.
Gansai Tambi Kuretake : Les points faibles remarqués à l’utilisation
- Certaines couleurs sont un peu moins subtiles que chez Kissho
- L’aspect peut sembler légèrement plus « illustratif » que « beaux-arts »
- Les couleurs métalliques, nacrées ou fluorescentes sont moins pérennes que les pigments classiques.

Peinture Gansai Kuretake – Photo Amylee
Pour qui ?
Je recommande la marque Kuretake :
- aux débutants,
- aux amateurs de croquis, carnets créatifs, de cartes artistiques
- aux illustrateurs jeunesse, aquarelliste naturaliste,
- pour l’architecture, les paysages
- à celles et ceux qui veulent découvrir l’aquarelle japonaise sans gros investissement.
-
Pour du croquis rapide ou de l’urban sketching, beaucoup d’aquarellistes trouvent les Kuretake plus intuitives.
BON A SAVOIR
Avec un papier 100 % coton (Arches, Hahnemühle, Saunders) : Les deux gammes gagnent en subtilité et les dégradés deviennent plus faciles.
La battle : Kissho contre Kuretake
Intensité des couleurs
🥇 Kissho : Les couleurs me semblent plus riches et plus raffinées.
Facilité d’utilisation
🥇 Kuretake : La peinture se prélève instantanément et pardonne davantage les erreurs.
Rapport qualité-prix
🥇 Kuretake : Très difficile de faire mieux dans cette gamme tarifaire.
Finitions artistiques
🥇 Kissho : Les nuances possèdent une élégance remarquable, dans les rouges, verts et violets.
Pour apprendre à peindre
🥇 Kuretake : Clairement la solution la plus rassurante pour débuter.
BON A SAVOIR
Sur un papier haut de gamme, l’écart entre les deux se réduit fortement.

Pinceaux Kum – Photo Amylee
Et les pinceaux dans tout ça ?
Une bonne peinture mérite un bon pinceau.
Leurs avantages :
- Pointe fine durable synthétique
- Bonne réserve d’eau
- Bon contrôle du geste
- Nettoyage facile
- Prix raisonnable
- manche blanc nacré
- Fabrication artisanale en Allemagne
Pour peindre des fleurs, des feuillages ou des détails, ces pinceaux offrent beaucoup de confort.
L’association : peinture Gansai + pinceaux KUM + bon papier aquarelle = combinaison idéale pour débuter car vous obtenez ainsi un matériel performant, accessible financièrement et très agréable à utiliser.

Peinture Gansai Kissho – Photo Amylee

Peinture Gansai Tambi chez Kuretake – Photo Amylee
Mon conseil d’artiste utilisatrice
Si vous découvrez l’aquarelle japonaise pour la première fois, choisissez sans hésiter un coffret Gansai Kuretake associé à quelques pinceaux KUM. Vous apprendrez rapidement les effets propres sans investir une somme importante.
En revanche, si vous avez déjà une pratique régulière de l’aquarelle et que vous recherchez davantage de finesse et de subtilité colorée, les peintures Gansai Kissho méritent vraiment le détour.
Au fond, il n’y a pas de mauvais choix.
Les 2 marques offrent ce que j’aime tant dans la peinture japonaise : des couleurs éclatantes, une gestuelle libre et ce plaisir presque méditatif de voir l’eau révéler lentement les pigments sur le papier.
Et c’est ce qui compte le plus : avoir envie de revenir peindre chaque jour.





